Mise à jour sur le
harcèlement
Été 2000
Deux approches distinctes au développement dune
politique sur le harcèlement et labus,
par Hilary Findlay et Rachel Corbett du Centre for Sport and Law Inc.
Lorsque vient le temps de développer une politique
organisationnelle en matière de harcèlement et dabus, deux approches
soffrent à vous :
Approche #1
Intégrer les nouvelles mesures disciplinaires sur labus et le harcèlement au
code de conduite et aux procédures disciplinaires existants.
Avantage - permet au club ou à lorganisme de
réduire le nombre de politiques en vigueur et évite la confusion associée avec la
gestion de diverses procédures disciplinaires.
Désavantage - lintégration initiale des
différentes politiques disciplinaires dune association peut savérer
difficile. Une assistance extérieure pourrait être requise pour spécifier le libellé
de la politique.
Approche #2
Adopter une politique distincte sur la question de labus et du harcèlement.
Avantage - transmet un signal clair quant à
limportance accordée à la question.
Désavantage - cette approche risque daltérer
les standards disciplinaires établis dans les autres codes de conduite de
lassociation. Linitiation de procédures disciplinaires prévues au code de
conduite sur labus et le harcèlement risque par exemple de compliquer les
procédures, créer la confusion ou entraîner des erreurs lorsque ces procédures sont
confondues avec celles des autres politiques.
Composantes clés
Peu importe lapproche choisie, quil
sagisse dune politique dabus et de harcèlement séparée ou intégrée,
la politique adoptée doit comporter cinq aspects essentiels :
1. Une déclaration sur lintention, lenvergure
et lapplication de la politique. Cette section de la politique dabus et de
harcèlement de votre organisme devrait par exemple mentionner les valeurs
organisationnelles de lassociation sur la question et préciser les personnes et les
situations visées par cette politique.
2. Une indication du standard de comportement attendu ainsi
que des comportements inacceptables dans les circonstances. Les notions dabus et de
harcèlement doivent être définies dans la politique et le caractère intolérable de
tels comportements doit y être clairement établi.
3. Une description des procédures qui seront entreprises
pour vérifier les plaintes de non-respect des standards de comportement établis au point
2. Définir des procédures qui, en cas de bris des standards établis, présenteront les
caractéristiques suivantes :
- les procédures définies rencontrent les exigences
légales déquité en matière procédurale ;
- les procédures définies décrivent comment
lassociation réagira aux instances d'une plainte ;
- les procédures définies indiquent comment sera menée
lenquête visant à réunir linformation pertinente ;
- les procédures définies précisent les modalités
daudition de la plainte ainsi que le mécanisme de prise de décision.
4. Des directives sur limposition de mesures
disciplinaires pour le cas où une plainte en matière dabus et de harcèlement
savérait justifiée. Ces directives devraient prévoir une échelle de sanctions
proportionnelles à la sévérité de la faute et assister le jury dans limposition
de sanctions justes et appropriées dépendemment de la nature du délit et des
circonstances qui lentourent.
5. Une procédure dappel qui offre un recours à
toute personne insatisfaite du jugement rendu. De linformation sur les possibilités
darbitrage et de médiation devrait également être offerte dans cette section pour
éviter dans la mesure du possible la judiciarisation de laffaire.
Si lapproche privilégiée consiste à développer
une politique indépendante dabus et de harcèlement, les cinq aspects
précédemment décrits doivent sy retrouver. Dun autre côté, si votre
approche consiste plutôt à intégrer la politique dabus et de harcèlement à
lintérieur dun code de conduite et dun ensemble de mesures
disciplinaires établis, alors lélaboration de la politique dabus et de
harcèlement doit être séparée en deux volets distincts:
- Un code de conduite (points 1 et 2 ci-haut) ;
- Une procédure disciplinaire (points 3, 4 et 5 ci-haut)
Pourquoi
commettons-nous des actes dabus à lendroit
des jeunes ?
Lexplication des comportement dabus et de
harcèlement à lendroit des jeunes est complexe et étroitement liée aux relations
établies entre les intervenants.
Certains traits de personnalité peuvent prédisposer au
comportement abusif à lendroit des jeunes.
Le parent émotionnellement instable tend à perdre le contrôle de lui-même et à
devenir agressif. De même le parent aux prises avec des problèmes de dépendance risque
également de faire du tort aux enfants lorsquil est sous linfluence
dalcool ou de drogues. Enfin certains parents ne possèdent tout simplement pas la
maturité ou les aptitudes requises pour élever un enfant, abandonnant ainsi leur enfant
à la merci du comportement abusif dautres personnes.
Certaines circonstances familiales conduisent plus
fréquemment à labus envers les jeunes.
Des parents autoritaires, des parents isolés ou déprimés, ou encore des parents qui
manquent de contrôle de soi peuvent faire du tort à leur enfant lorsquils vivent
des tensions. Le père qui a impunément agressé sexuellement ses enfants peut reporter
ce comportement prédateur sur ses petits-enfants.
Certaines circonstances sociales conduisent plus
fréquemment à labus envers les jeunes.
Les enfants qui déménagent fréquemment dun milieu à lautre éprouvent
souvent un sentiment de solitude et disolation qui peut les rendre vulnérable à
lexploitation. Leur affection envers les personnes signifiantes de leur vie peut
sestomper à la faveur de ces déménagements, réduisant ainsi leurs recours
auprès de personnes signifiantes en qui ils peuvent se confier.
On ne peut prédire avec précision pourquoi certaines
personnes en viennent à commettre des abus à lendroit des jeunes alors que
dautres exposées à des circonstances similaires nadopteront jamais de tels
comportements. On sait par contre que les parents abusifs se retrouvent dans tous les
milieux, toutes les tranches de revenus et toutes les cultures.
Quels sont mes droits et devoirs légaux dans la dénonciation
dabus faits aux jeunes ?
Le devoir de rapporter les situations dabus.
Vous êtes tenu par la loi de rapporter aux autorités provinciales de protection de la
jeunesse toute situation où vous soupçonnez de labus. Dans certaines provinces le
citoyen peut rapporter ses observations à la police ou à lagence de protection de
la jeunesse tandis que dans les autres seule lagence de protection de la jeunesse
est habilitée à les recevoir. Contactez les autorités provinciales compétentes pour
vérifier les mesures à prendre si vous suspectez un comportement abusif à
lendroit dun enfant.
Les procédures de dénonciation de labus au sein de votre
organisation.
Peut-être votre association a-t-elle déjà prévu des politiques et procédures de
dénonciation des situations où labus est soupçonné. Prenez connaissance de ces
dispositions et assurez-vous que leur contenu vous est familier. Si de telles dispositions
nexistent pas déjà au sein de votre association, militez en faveur de leur
adoption.
La plupart des organismes disposent dun protocole de mesures à
suivre pour le cas où lon soupçonne une situation dabus. Un membre de
lassociation est généralement désigné pour rapporter les soupçons de situations
dabus aux services de protection de la jeunesse. Dans ce cas, tous les membres du
personnel de lassociation reçoivent la directive de rapporter leurs soupçons
dabus à lattention de la personne désignée pour en discuter ; ils se voient
dès lors soutenus et encadrés dans leurs démarches ultérieures. Si toutefois la
personne responsable de rapporter les abus refuse de référer la situation dénoncée aux
autorités compétentes et que le plaignant ne partage pas cet avis, le plaignant est
légalement tenu, de par son statut de personne soupçonnant une situation dabus, de
rapporter ses observations aux autorités de protection de la jeunesse. Si une telle
situation se présentait, le plaignant serait bien avisé dinformer son association
des démarches quil compte entreprendre en vertu de son devoir de rapporter les
situations dabus.
Responsabilité civile
Le plaignant est protégé de recours en justice dans la mesure où ses soupçons
dabus se fondent sur des observations plausibles et sont exempts de malice. Tous les
soupçon dabus rapportés en toute bonne foi bénéficient de la protection de la
cour à lencontre de poursuites en responsabilité.
Articles traduits de la publication originale anglaise A Child Abuse
Handbook for Recreation Leaders publié par Institute for the Prevention of Child Abuse.
FICHE
DE RENSEIGNEMENTS -
Dix étapes sûres
1. Évaluer le risque. Les organisations ont le pouvoir
de décider sil leur convient ou non de gérer les risques et comment elles vont
sy prendre. Lexamen des risques susceptibles de se présenter dans les
programmes et les services peut permettre de les prévenir ou de les éliminer
complètement.
2. Concevoir des descriptions de poste et demploi
claires. La conception minutieuse du profil dun poste renvoie le message
quune organisation prend au sérieux le filtrage de son personnel. Elle permet
dénoncer clairement les responsabilités et les attentes qui y sont rattachées et
dindiquer ce quil convient de faire dans le cadre du poste. Une description
claire indique le degré de filtrage nécessaire. Lorsquun bénévole passe
dun poste à un autre, les mesures de filtrage peuvent également changer.
3. Instaurer un processus de recrutement formel.
Quune organisation choisisse dafficher un avis relatif au poste à combler ou
de faire parvenir la documentation au domicile du candidat, elle doit indiquer que le
filtrage fait partie intégrante du processus dembauche.
4. Recourir à des formulaires de demande demploi.
Le formulaire de demande demploi fournit tous les renseignements utiles à
lexamen de la candidature. Si un poste requiert des mesures de filtrage plus
approfondies (examen médical, permis de conduire, vérification du dossier de police), le
formulaire permet dobtenir le consentement du candidat à cette fin.
5. Mener des entrevues. Les entrevues permettent de
sassurer que le candidat satisfait aux exigences du poste à combler ainsi
quaux critères dembauche de lorganisation.
6. Procéder à la vérification des références.
Le fait didentifier le niveau de confiance exigé dans le cadre dun poste et
de poser certaines questions précises peut aider à déterminer la pertinence dun
candidat à ce poste. Les gens ne sattendent généralement pas à ce que lon
vérifie leurs références. Ne prenez pas pour acquis que les candidats ne fourniront que
des références positives.
7. Demander une vérification des dossiers de police
lorsque les circonstances lexigent. La vérification des dossiers de police ne
constitue quune seule étape parmi les dix étapes du processus de filtrage. Elle
constitue un moyen de signaler de façon très visible que lorganisation prend à
cur la sécurité de ses clients.
8. Offrir des séances dorientation et de
formation. Le filtrage ne prend pas fin dès quun candidat est embauché. Les
séances dorientation et de formation donnent loccasion dobserver les
bénévoles en situation dinteraction. Elles servent à renseigner le personnel sur
les politiques et les procédures de lorganisation. Linstauration dune
période de probation permet tant à lorganisation quau bénévole den
apprendre plus lun sur lautre.
9. Superviser et évaluer le personnel. Cest
le niveau de risque associé à un poste bénévole qui détermine la fréquence des
mesures de supervision et dévaluation. Plus le poste comporte de risque, plus les
mesures de supervision devront être intensives et fréquentes. Commenter fréquemment le
rendement de lemployé durant la première année est particulièrement important.
Le processus dévaluation doit sappuyer sur la description demploi.
10. Assurer le suivi des participants. Des
rencontres régulières avec les participants et les membres de leur famille peuvent
constituer un moyen efficace de décourager quelquun qui pourrait autrement porter
préjudice à ses clients sans être repéré. Il importe de mettre les bénévoles au
courant des activités de suivi qui pourraient avoir lieu. Dans le cas de postes
comportant des risques élevés, lorganisation pourrait procéder à des
vérifications au hasard.
Les rapports avec les médias
John MacKinnon, Association canadienne de hockey
Communication ouverte et honnête
Aussi simple et naïf que cela puisse paraître, la meilleure approche dans les rapports
avec les médias est de dire rapidement la vérité toute nue. Prenez les devants :
divulguez linformation, même si son contenu vous répugne. Par exemple, si on
accuse lun de vos entraîneurs ou lune de vos entraîneures dabus
sexuel, il y va de lintérêt de lorganisation den informer elle-même
les médias ; mieux renseignés ou mieux renseignées, car ils ou elles napprennent
pas la nouvelle dune source secondaire (la police, le bouche à oreille, etc.), les
journalistes ne prendront pas les administrateurs ou les administratrices en chasse pour
recueillir leurs commentaires.
De par leur nature, les incidents dabus ou de harcèlement entraîneront une
interaction continue avec les médias. Dès le début, il est bon dentretenir des
relations franches avec eux en étant aussi ouvert et honnête que possible. Les
journalistes sentiront le roussi sils ou si elles ne peuvent rencontrer les têtes
dirigeantes ou si ces dernières adoptent une attitude trop évasive. Les journalistes
chevronnés ou les journalistes chevronnées utiliseront tous les trucs du métier pour
briser le mur du silence ; certains ou certaines, poussant plus loin, se rabattront sur
nimporte seront les porte-parole des pour glaner quelques miettes
dinformations ; enfin, dautres se lanceront dans les suppositions les plus
farfelues. Contrôler une nouvelle est tâche impossible si on ne divulgue aucune
information substantielle.
Tenez-vous en aux faits. Parfois les journalistes essaient immédiatement de tirer plus
des événements que la réalité nen recèle ; avec un peu de recul, ils ou elles
saisiront lensemble de la situation. Évitez dencourager, même par
inadvertance, les journalistes à se lancer sur une fausse piste qui ne mènerait
quà un seul incident isolé. Tenez-vous en aux faits pour chaque cas, et prenez
soin de ne pas les interpréter à moins que vous nayez en
main suffisamment déléments dinformation pour vous le permettre.
Si, pour quelque raison que ce soit, votre organisation laissait passer une information
fausse, corrigez-la aussitôt que possible par des voies officielles : sans contredit,
cest le moyen le plus rapide et le plus efficace. Faute avouée est à moitié
pardonnée !
Les limites de la franchise
La Loi impose certaines restrictions à la divulgation dinformation sur des sujets
délicats comme une accusation dabus sexuel ; cest évident. Consultez un
avocat ou une avocate dès que vous craignez quune telle divulgation puisse
révéler lidentité des personnes victimes de ce crime.
La prévention plutôt que la réaction
Une politique du harcèlement et de labus est souvent complexe. Faire connaître la
vôtre et lexpliquer en détail aux médias intéressés par le sujet, avant même
que des incidents ne surviennent, peut savérer être un investissement sûr au
moment où se présente un problème de cette nature. Cette campagne médiatique
préventive sensibilisera les journalistes à lavance, augmentant ainsi vos chances
dobtenir une meilleure couverture de lévénement, car certains ou certaines
prendront le temps de bien comprendre tous les faits afin de rédiger des articles
équilibrés et sensés et non une simple histoire de manchette.
Communication cohérente
Identifiez les personnes de votre organisation qui seront les porte-parole des incidents
à caractère abusif, et assurez-vous que toutes les personnes concernées savent qui
elles sont, et quelles procédures elles auront à suivre.
Ces porte-parole travailleront en étroite collaboration avec la personne chargée des
relations publiques (si lorganisation en a une), dès lapparition de
lincident. Une stratégie cohérente de communication se planifie et toute
improvisation serait potentiellement dangereuse. Le relationniste ou la relationniste est
sur la ligne de front, car il ou elle est lunique contact de lorganisation
pour beaucoup de journalistes. Il est donc très important, sinon quasi essentiel, que
cette personne soit en tout temps bien informée et tenue au courant de tout incident
malheureux dabus ou de harcèlement ; dans le cas contraire, linformation
dévoilée pourrait être préjudiciable à lorganisation. Parfois, certains
administrateurs bien intentionnés ou certaines administratrices bien intentionnées,
choisissent, par mesure de prudence, de laisser leur relationniste dans lignorance ;
fort souvent, il en résulte une belle catastrophe médiatique. Dans léventualité
dune accusation dabus ou de harcèlement logée contre un entraîneur ou une
entraîneure, assurez-vous que toutes les personnes clés ont été mises au courant avant
que linformation ne soit diffusée aux médias.
Dangers de la publicité
On reproche souvent aux organisations sportives de fournir au public une information non
structurée concernant leurs ligues, leurs équipes, leurs participants ou leurs
participantes, leurs tournois, leurs compétitions, leurs camps dentraînement, etc.
Instaurer une ligne de communication efficace avec le public et la maintenir, par le biais
des médias, peut faire toute la différence par toute la dif férence lorsque vient le temps de : sattirer dimportantes sommes
dargent en parrainage ou lutter pour sa survie financière ; voir affluer des
membres ou voir diminuer leur nombre ; projeter une image positive ou négative.
Pourtant, trop alimenter le public dinformation par la presse écrite ou parlée, ou
même par Internet, est une approche truffée de pièges, surtout quand il sagit
denfants dâge mineur. Les administrateurs ou les administratrices doivent
veiller à linformation diffusée dans les programmes dévénements spéciaux,
dans les trousses de presse et sur les pages Web, avec un soin jaloux. Les parents se
doivent dêtre bien informés ; de plus, leur autorisation écrite est absolument
nécessaire à la diffusion de toute information concernant leur enfant dâge
mineur. Par exemple, les administrateurs ou les administratrices pourraient créer une
page Web avec les photos et les adresses de quelques athlètes adolescents ou athlètes
adolescentes dans le but de promouvoir le sport ou de mousser la publicité du club ou de
lassociation. Malheureusement, ce genre dinformation est aussi une mine
dor pour des personnes mal intentionnées, comme les prédateurs sexuels ou les
prédatrices sexuelles.
Ou bien les médias travailleront avec vous ou bien ils travailleront contre vous.
Développer des rapport positifs avec les journalistes par la franchise et
lhonnêteté, cest mettre leur rôle en valeur. Ils ou elles ont le pouvoir de
briser les remparts du secret et de renverser les murs du silence et contribuent ainsi à
la sécurité de tous les athlètes et de toutes les athlètes.
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